La première priorité : assurer les futurs besoins en eau et en sols

À toutes les époques, les civilisations des déserts ont dû faire face au problème vital des ressources en eau, et certaines civilisations du passé n’ont pas résisté à quelques décennies de sécheresse sévère, surtout lorsqu’elle survenait en même temps qu’une rapide croissance démographique. Or, au xxie siècle, pratiquement tous les déserts vont être confrontés en même temps à cette double menace qui risque de faire disparaître aussi bien les civilisations traditionnelles encore existantes que d’autres, plus avancées, qui n’auront pas su prévoir les nouveaux besoins de populations qui augmentent de façon préoccupante. Comme cela a été souligné à Johannesburg, la consommation d’eau de l’agriculture irriguée et des villes en croissance rapide pose des problèmes de plus en plus inquiétants, d’autant plus que l’on sait que, comme les hydrocarbures, l’eau fossile, qui joue un rôle important dans beaucoup de régions arides, est une ressource qui s’épuisera d’ici à quelques décennies : on ne pourra plus compter que sur l’eau renouvelable rare, par définition, dans les déserts. La Convention sur la désertification, dans son article 10-e, avait pourtant prévu le développement d’une « irrigation durable » dans le cadre des PAN¹. Mais aucune action à l’échelle internationale n’a été entreprise pour mettre au point des techniques innovantes et remplacer les modes d’irrigation pratiqués jusqu’ici. Malgré un nombre considérable de réunions d’experts, cette question n’a pas reçu de réponse satisfaisante alors que de nouvelles perspectives pourraient être proposées pour remédier aux pénuries d’eau à la périphérie des déserts.

1.Le texte officiel de la Convention sur la désertification a été publié par l'United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD), Genève, 1995.